quiconque


quiconque

quiconque [ kikɔ̃k ] pron. rel. et indéf.
XIIe; de qui... qu'onques « qui... jamais », plus tard rapproché du lat. quicumque
1 Pron. rel. (Sujet de la relative, sujet ou compl. de la principale) Toute personne qui...; qui que ce soit qui. « Quiconque n'a pas de tempérament personnel n'a pas de talent » (Huysmans). « Pour quiconque a l'habitude de la prière, la réflexion n'est trop souvent qu'un alibi » (Bernanos).
2 Pron. indéf. N'importe qui, personne. « Je suis aussi sensible que quiconque à la force de son argumentation » (Martin du Gard). « Sans en faire part à quiconque » (Jammes).

quiconque pronom relatif indéfini singulier (de qui que onques, qui que ce soit jamais, rapproché du latin quicumque) Introduit une relative sans antécédent à sujet indéterminé : Quiconque frappera par l'épée périra par l'épée.quiconque (difficultés) pronom relatif indéfini singulier (de qui que onques, qui que ce soit jamais, rapproché du latin quicumque) Emploi Quiconque, pronom relatif indéfini, est le plus souvent employé au sens de « toute personne qui ; celui, quel qu'il soit, qui » : « Le devoir de quiconque prétend parler au public des ouvrages d'autrui est de faire tout l'effort qu'il faut pour les entendre »(P. Valéry). Quiconque frappera par l'épée périra par l'épée. L'emploi comme pronom indéfini, au sens de « n'importe qui, qui que ce soit », naguère critiqué, est aujourd'hui passé dans l'usage : « La vieille [...] ne lui adressait jamais la parole, non plus qu'à quiconque »(A. Gide). Remarque Un quiconque, tout quiconque sont des régionalismes. Accord Quiconque, généralement masculin, peut commander l'accord au féminin si la situation ou le contexte indique clairement que la phrase où il est employé concerne des femmes : les candidates passeront les épreuves en juin, quiconque aura obtenu à l'écrit une moyenne de 10 sera admise à l'oral. Registre Quiconque appartient au registre soutenu. ● quiconque pronom indéfini Indique une personne indéterminée, n'importe qui, personne : Je sais mieux que quiconque ce qu'il faut faire.

quiconque
Pron.
d1./d Pron. relatif. Qui que ce soit, toute personne qui. Quiconque l'a vu peut le raconter.
d2./d Pron. indéf. Personne, n'importe qui. Il est aussi capable que quiconque.

⇒QUICONQUE, pron. rel. ou pron. indéf.
I. — [Pron. rel. suj., marquant fortement l'indéfinition] Celui, quel qu'il soit, qui.
A. — [Quiconque introd. une rel. suj.] Je suis celui qui parle aux rois; quiconque me résiste et me brave est impie (HUGO, Légende, t. 3, 1883, p. 359). Quiconque aime véritablement aime Dieu! (MILOSZ, Amour. init., 1910, p. 49).
Rem. 1. Lorsque quiconque introd. une rel. suj., il ne doit pas être repris par le pron. pers. il; toutefois, LITTRÉ notait: ,,Malgré la décision des grammairiens, cela ne peut être considéré comme une faute, quand la phrase est longue``. 2. Lorsque quiconque désigne l'animé fém., l'adj. attribut avec lequel il se construit, peut être également du fém. Quiconque sera paresseuse ou babillarde sera punie (LITTRÉ).
B. — [Quiconque introd. une rel. régime] Et il briserait comme une paille quiconque résisterait (ZOLA, Bonh. dames, 1883, p. 560). Ils sont bravement partis de là pour invectiver, pour outrager quiconque ose demander justice (CLEMENCEAU, Iniquité, 1899, p. 347).
C. — [Quiconque introd. une rel. prép.] La complexité de la pensée n'est pas suffisante pour quiconque veut comprendre cet univers en proie à une évolution (BOURGET, Essais psychol., 1883, p. 59):
... [le] général De Gaulle (...) conservait des relations officielles avec la dictature de Vichy et s'apprêtait à traiter avec quiconque ouvrirait aux troupes américaines les portes de l'Afrique du Nord...
DE GAULLE, Mém. guerre, 1956, p. 24.
Rem. La prop. rel. prép. peut se trouver en tête de phrase: Chez quiconque a le souci d'un perfectionnement moral, l'examen de conscience est un besoin (COPPÉE, Bonne souffr., 1898, p. 183).
II. — [Pron. indéf.] Qui que ce soit, n'importe qui.
A. — [Dans une prop. ell. compar., en fonction de suj.] Avec autant d'intensité que quiconque (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 192). Et comme chacun présume avoir autant et plus d'esprit que quiconque, chacun croit qu'il est le premier à aimer comme il aime (BLONDEL, Action, 1893, p. 177).
Empl. subst. Il suffit qu'un quiconque fasse quoi que ce soit (PÉGUY, Argent, 1913, p. 1122).
B. — [En fonction de régime dir.] Elle n'a jamais voulu épouser quiconque (BENOIT, Atlant., 1919, p. 226).
C. — [En fonction de régime prép.] Puisque je vous ai promis de ne la révéler à quiconque (VILLIERS DE L'I.-A., Corresp., 1885, p. 102).
Rem. Cet empl. de quiconque en fonction d'indéf. est condamné par certains grammairiens: ,,Il semble bien qu'un tel emploi de quiconque résulte d'une confusion avec des expressions analogues comme le premier venu ou n'importe qui... Il est curieux que cette manière de dire sans titre valable et sans exactitude se soit, au XIXe siècle (surtout vers la fin) tant répandue`` (LE BIDOIS 1967, § 416-417) et soutenu par d'autres: ,,C'est à tort que les puristes condamnent l'emploi de quiconque n'appartenant qu'à une seule proposition et signifiant, comme sujet ou comme complément: « qui que ce soit », « n'importe qui », « personne ». Cet emploi, exceptionnel à l'époque classique (...), est reçu aujourd'hui par le meilleur usage`` (GREV. 1969, § 591, rem. 3).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Pron. rel. indéf., introd. une rel. sans antécédent dont il est le suj. indéterm. 1. ca 1170 « celui, quel qu'il soit, qui » (Rois, III, XIX, 17, éd. E. R. Curtius, p. 161: Kiqunques eschaperad de la spée Azaël); ca 1175 (BENOÎT DE STE-MAURE, Chron. ducs de Norm., 13958 ds T.-L.); 2. déb. XVe s. « peu importe qui, qui que ce soit qui » (XV Joies de mariage, éd. J. Rychner, III, 39). B. Pron. indéf. fin XVIIe s. « n'importe qui, personne » (BOURDALOUE, Retraite spirit., 6e jour ds LITTRÉ: railler... de quiconque). Issu de qui qui onques, loc. rel. indéf. (ca 1170 Rois, III, XIII, 33, p. 145, leçon ms. M; ca 1200 Dialogue Gregoire lo Pape, 194, 19 ds T.-L.), qui qu'onques (fin XIIe s. BÉROUL, Tristan, éd. E. Muret, 608) propr. « quel que soit jamais celui qui », v. qui... qui (qui I A 2 c) et onques. A par la suite été rapproché du rel. indéf. lat. quicumque « quel... que; n'importe quel » et a perdu le -s adv. Fréq. abs. littér.: 1 155. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 2 217, b) 1 548; XXe s.: a) 1 187, b) 1476. Bbg. COYAUD (M.), AIT-HAMOU (K.). Indéf. et interr. Semantikos. 1976, t. 1, n ° 3, pp. 83-88. — GONDRET (P.). Les Pron. et déterminatifs indéf. dans les phrases nég. en français... Thèse, Paris, 1980, pp. 78-81. — SANDFELD (Kr.). Synt. du fr. contemp. 1. Les Pron. Paris, 1965, p. 359, 360, 362, 391.

quiconque [kikɔ̃k] pron. rel. et indéf.
ÉTYM. XIIe, quiconques; de l'anc. loc. qui… qu'onque(s) « qui jamais », autre forme de ki ki onques, qui unques (→ Onc); plus tard l'expression a été rapprochée du lat. qui cumque et écrite en un seul mot.
1 (Relatif). Toute personne qui…, qui que ce soit qui… Qui (I., A., 2.).
REM. 1. Quiconque, pronom relatif indéfini, remplit une double fonction : d'une part, il est sujet du verbe qui suit; d'autre part, dans la principale, il peut être soit sujet (« Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu »; → Apprendre, cit. 2, La Fontaine), soit complément d'objet direct (« …ils auraient tué quiconque les eût contredits »; → Fureur, cit. 1, Voltaire), soit complément indirect ou complément de nom ou d'adjectif (« Le mépris qu'on doit à quiconque se cache d'un homme pour le diffamer », cit., Rousseau). « C'est un devoir (cit. 11), étroite obligation de quiconque a une pensée… » (P. L. Courier). « Le langage imité (cit. 25) des livres est bien froid pour quiconque est passionné lui-même » (Rousseau).
2. Dans la langue classique, on pouvait reprendre quiconque par il dans la principale : || « Quiconque veut donc prier, il doit commencer par se mettre (…) dans le cœur cette parole… » (Bossuet, Méditations sur l'Évangile). Cette tournure serait incorrecte de nos jours; néanmoins on ne peut la blâmer si la distance est très grande entre quiconque et le verbe de la principale : || « Quiconque, fût-il le maître de l'univers, s'éloigne de la règle et de la sagesse, il s'éloigne du seul bonheur où l'homme puisse aspirer sur la terre » (Massillon, Petit carême, Malheur des grands). Si la principale est au subjonctif et suit quiconque, la reprise par il est même obligatoire : || « Quiconque, en pareil cas, se croit haï des cieux, / Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux » (La Fontaine, Fables, X, 13), et cette autre phrase de La Fontaine paraît de nos jours défectueuse : « Quiconque est loup, agisse (cit. 18) en loup » (cf. G. et R. Le Bidois, Syntaxe du franç. moderne, §414); en revanche cet emploi de quiconque sans il est parfaitement correct : || « Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble » (Racine, Athalie, IV, 2).
3. Comme qui, son premier élément, quiconque n'a ni genre, ni nombre; cependant il se fait suivre du féminin quand il se rapporte clairement à une personne du sexe féminin. Quiconque se marie à un homme plus âgé qu'elle…
4. Dans la langue classique, quiconque a été parfois employé à la deuxième personne : || « Ô quiconque des deux avez versé son sang, / Ne vous préparez plus à me percer le flanc » (Corneille, Rodogune, V, 4).
1 Quiconque n'a pas de caractère n'est pas un homme; c'est une chose.
Chamfort, Maximes, Sur la dignité du caractère, III.
2 (…) quiconque n'a pas de tempérament personnel n'a pas de talent.
Huysmans, Là-bas, XVI.
3 Pour quiconque a l'habitude de la prière, la réflexion n'est trop souvent qu'un alibi (…)
Bernanos, Journal d'un curé de campagne, p. 13.
2 (Indéfini). N'importe qui, personne. || Je suis aussi sensible que quiconque à la force de son argumentation (cit. 3). || Louis XIV sentait mieux que quiconque ce frémissement (cit. 16) de toute la nation.
REM. Cet emploi, dont on cite quelques rares exemples aux XVIIe et XVIIIe s., est devenu fréquent surtout depuis la fin du XIXe s.; blâmé par certains grammairiens, il est très répandu (cf. Grevisse, le Bon Usage, §591, rem. 3, qui cite Gautier, Daudet, Renard, Rolland, Proust, Duhamel, Gide, Giraudoux, Saint-Exupéry, Mauriac, etc.).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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